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John Galliano et Zara : bonne décision ou pari risqué ?

spoiler alert : 🎲

Talent emblématique de l’industrie de la mode, John Galliano s’est rapidement imposé au sein du groupe LVMH dès le milieu des années 90. Après avoir rejoint Givenchy en 1995, il intègre Dior l’année suivante avant de devenir directeur artistique de l’ensemble de la collection femme de la marque, puis de ses parfums, respectivement en 1999 et 2001. Galliano s’est imposé comme un révolutionnaire du groupe de Bernard Arnault et du paysage de la mode. Les temps ont-ils changés ? 

De la couture à la fast fashion?

Après avoir quitté Maison Margiela fin 2024, le futur du créateur était plutôt flou. Jusqu’à mardi 17 février, lorsque la nouvelle d’une collaboration entre John Galliano et la reine mère de la fast fashion, Zara, a été annoncée. Pour deux ans, rien que ça.

Parce que oui, ces dernières années, les «grandes» marques de fast-fashion ont multiplié les  collections capsules en collaboration avec les marques/designers de prêt-à-porter de luxe, voire même des Maisons emblématiques. Derniers exemples en date: H&M et Mugler, Zara et Ludovic de Saint-Sernin, et désormais Zara et John Galliano apparemment. . Néanmoins, il est coutumier que ces dernières ne durent que le temps d’une capsule, conçues pour faire d’une pierre deux coups : rendre le luxe « abordable » et donner une image plus haut de gamme à la fast fashion.

Mais aujourd’hui avec John Galliano, Zara  opère un revirement complet avec une collaboration à moyen terme ! Est-ce lucratif  pour la marque ? Absolument. Est-ce intéressant pour le créateur ? Pas si sûr. Pour la marque espagnole, c’est une aubaine : améliorer la désirabilité de ses produit sgrâce à un homme considéré comme un génie de l’industrie… elle ne pouvait rêver mieux. On peut y voir un moyen de se débarrasser progressivement de l’étiquette de «reine de la fast fashion » qui lui colle à la peau et de toucher un public plus large grâce à ce nouveau marché.

Zendaya en Maison Margiela par John Galliano, Met Gala 2024.

Pour Galliano en revanche… est-ce la bonne décision ? Après s’être fait discret suite au scandale antisémite et raciste de 2011, il a rejoint çàa lirection artistique de Maison Margiela, en prenant soin de rester dans l’ombre pendant ces dix années. Mais alors que le secteur semblait prêt à le réhabiliter après ses nombreuses excuses et ses diverses déclarations sur ses 15 années d’abstinence, le peuple s’attendait à une annonce qui allait casser [positivement] internet. Ça été le cas, effectivement. Mais pas dans le bon sens du terme.

Sur le CV de l’ancienne poule aux œufs d’or de LVMH, créer pour le peuplecelui qui n’a pas les moyens de s’offrir des articles de luxe – est une EXCELLENTE chose. Une idée qui s’inscrit dans la lignée des valeurs que John Galliano a déjà pu mettre en avant, notamment lors de son défilé printemps-été 2006, qui mettait en scène des mannequins gros, minces, très grands et très petits, des vieux et des jeunes, ainsi que des personnes considérées très belle belles et à l’inverse peu attirantes selon les standards de beauté. Tout cela dans un seul but :  montrer que tout le monde est beau et que la mode doit être accessible à tous·tes ! 

Mais ZARA ? Combien de scandales ? L’exploitation du peuple ouïghour (impliquant le travail forcé), l’enquête menée par l’ONG Earthsight qui a établi un lien entre la marque et la déforestation illégale dans la région du Cerrado au Brésil¹, l’effondrement du bâtiment Rana Plaza au Bangladesh (sous-traitance pour Zara, Mango et H&M) en 2013, causant plus de 1 000 morts, l’ouverture d’un magasin de 4 500 mètres carrés en Israël malgré le génocide palestinien… ça fait beaucoup. Autant de raisons qui illustrent pourquoi s’associer avec Zara est une mauvaise idée. 

Galliano pour le peuple : oui. Galliano pour Zara ? Absolument pas. 


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